• Ma chaire est tendre

    Expensive. Un peu trop.

    Pas le temps d'écrire sur nos un an, enfin pas l'envie hier. Maintenant c'est bon. J'ai les yeux gros comme des pastèques. Le coeur encore plus gros ? Fort possible. D'ailleurs en parlant de coeur je devrais aller voir un médecin, étant donner que je n'arrête pas d'être victime de tiraillements très désagréables. Vous savez ce que ça fait d'avoir le coeur qui veut sortir d'un seul coup ? Hum...pas du bien je vous assure. Bref.

    Voilà ça fait un an que l'on s'est rencontrées. Ca fait bizarre, ca parait long et finalement si court. Les photos me sont familières mais pourtant j'ai le sentiment que je regarde des étrangères, qu'elle, elle m'était encore étrangère à l'époque, que tout n'était qu'apprivoisement mutuel. Des photos de vacances, de bisous chez elle, de restaurants, toutes accompagnées d'une musique différente, d'une atmosphère différente, comme si pour chaque souvenir, il y avait des "nous" différentes...Et les "nous" d'aujourd'hui alors ? Il y a la nostalgie de tout ce qui va si vite, de l'envie parfois de recommencer, de se tatonner encore, de s'entendre, de se toucher pour la première fois. De ressentir de nouveau l'électricité dans ma main. Et puis après on pense à toutes les premières fois qui sont encore à venir. La première nuit dans notre appart, le premier taff ensemble, nos premières vacances en namoureuses rien que nous deux, nos premiers jours à la fac... Les "nous" d'aujourd'hui s'aiment différement certes, il n'y a plus (et encore...) l'excitation du début, la peur de perdre l'autre, "de t'aimer plus que tu m'aimes"...il y a l'excitation de l'après, la peur aussi, le plaisir immense de se sentir être "deux", de rentrer ensemble après une soirée entre amis, de se sentir à part, à part des autres. Il y a la beauté de l'autre qui ne s'arrête pas de grandir, la fierté d'etre avec elle, de la trouver belle dans le métro et de ne pas lui dire, d'être sur ses genoux avec l'envie de l'embrasser, la regarder pour que les gestes passent, parce qu'il y a trop de monde autour, leur sourire à tous, eux qui ne savent pas. De savoir qu'elle est là et qu'elle le sera encore pour longtemps. De l'aimer doucement, avec une passion tranquille.

    Et il y a ce texte qui nous ressemble tant...

    "Quand donc un homme, qu'il soit porté pour les garçons ou pour les femmes, rencontre celui-là même qui est sa moitié, c'est un prodige que les transports de tendresse, de confiance et d'amour dont ils sont saisis ; ils ne voudraient plus se séparer, ne fût-ce qu'un instant. Et voilà les gens qui passent toute leur vie ensemble, sans pouvoir dire d'ailleurs ce qu'ils attendent l'un de l'autre ; car il ne semble pas que ce soit le plaisir des sens qui leur fasse trouver tant de charme dans la compagnie l'un de l'autre. Il est évident que leur âme à tous deux désire autre chsoe, qu'elle ne peut pas dire, mais qu'elle devine et laisse deviner. Si, pendant qu'ils étaient couchés ensemble, Héphaïstos leur apparaissait avec ses outils et leur disait : "Homme, que désirez vous l'un de l'autre" ? et si, les voyant embarrassés, il continuait : "L'objet de vos voeux n'est-il pas de vous rapprocher autant que possible l'un de l'autre, au point de ne vous quitter ni nuit ni jour ? Si c'est là ce que vous désirez, je vais vous fondre et vous souder ensemble, de sorte que de deux vous ne fassiez plus qu'un, que jusqu'à la fin de vos jours vous meniez une vie commune, comme si vous n'étiez qu'un, et qu'après votre mort, là-bas, chez Hadès, vous ne soyez pas deux, mais un seul, étant morts d'une commune mort. Voyez si c'est là ce que vous désirez, et si en l'obtenant vous serez satisfaits." A une telle demande nous savons bien qu'aucun d'eux ne dirait non et ne témoignerait qu'il veut autre chose : il croirait tout bonnement qu'il vient d'entendre exprimer ce qu'il désirait depuis longtemps, c'est-à-dire de se réunir et de se fondre avec l'objet aimé et de ne plus faire qu'un au lieu de deux."

    Platon "Le banquet"


  • Commentaires

    1
    didi
    Mercredi 1er Février 2006 à 20:44
    vivement
    toutes les premieres fois que tu cites dans ton texte mon coeur je t'aime, un an deja...
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